Édito #57

Classie Ballou, Eastside Kings Festival, Austin, Texas, 14 september 2014. Photo © Gene Tomko

Ce numéro d’automne devrait réjouir les amateurs de swamp blues. En effet, Classie Ballou, peu vu en Europe, est un poids lourd (au propre comme au figuré) de ce blues des bayous. Scott M. Bock l’a interviewé pour nous et retrace dans un long portrait son parcours d’homme et de musicien. Cet article inédit est traduit et mis en forme par Robert Sacré que l’on remercie ici pour la qualité de son travail. Depuis sa venue au festival MNOP en 2003, je n’ai pas revu sur scène ce musicien d’une grande générosité. Il nous avait gratifié de moments inoubliables en compagnie de Lazy Lester et de Benoît Blue Boy. Classie Ballou est l’un des derniers grands artistes de ce blues des marécages nonchalant, mélodique, chargé d’histoires. Il se produit maintenant régulièrement au Eastside King Festival d’Austin et a noué des liens forts avec l’équipe du bassiste et producteur Eddie Stout (Dialtone Records). C’est en sa compagnie d’ailleurs que Classie fera le déplacement au Lucerne Blues Festival en novembre prochain, un moment de blues authentique qu’à coup sûr les amateurs chercheront à ne pas rater.

Nous avons aussi le grand plaisir de vous parler dans ce numéro d’un duo soul auquel nous portons la plus grande attention tellement le talent des deux protagonistes est grand. Il s’agit de James & Black, un couple sur scène comme dans la vie qui nous avait impressionnés lors du Porretta Soul Festival et que Jean-Claude Morlot nous permet ici de mieux découvrir.

Ensuite, je vous dirai quelques mots d’un musicien de Kansas City, auteur en 1979 d’un unique LP que je qualifierai de « magique » : « Blues Boy » (Pandora 1000), un bijou de huit titres soul/blues funky devenu un véritable collector. Marin Poumérol dirait : « Un Golden Vinyl à rééditer absolument en CD ». Peu de choses sont connues sur ce guitariste, chanteur et songwriter du nom de William Wells Jr, auteur de cet album enregistré en Califormnie, mais vous comprendrez tout l’intérêt qu’on peut lui porter en écoutant un extrait de sa musique en fin d’article. Après ce LP et un single, il serait retourné à l’église pour prêcher… Personne ne semble savoir – même les spécialistes du West Coast blues que sont Charlie Lange ou Gene Tomko auprès desquels nous avons mené notre enquête – ce qu’il est devenu ou même s’il est toujours en vie. Toute information sera donc la bienvenue.

Enfin, les chroniques des albums qui nous ont plu ces dernières semaines sont à lire en fin de numéro. On y parle entre autres des très recommandés nouveaux disques de Willie Walker (et Anthony Paule Band), du nouvel opus de Johnny Rawls et de bien d’autres. Quant aux rééditions, ne ratez pas notamment le très beau disque que Patrick Frémeaux et son équipe consacrent à Clifton Chenier. Concernant la scène hexagonale – et pour donner suite à l’article qui leur a été consacré dans le numéro précédent – sachez que le Muddy Gurdy Mississippi Project avance à grands pas et que le crowfunding est toujours actif si vous voulez participer à sa production. Une nouvelle vidéo avec Pat Thomas a d’autre part été mise en ligne, et nous aurons la chance de bientôt voir Muddy Gurdy sur scène en France avec Tia (guitare et chant), Cedric Burnside (guitare, chant), Sharde Thomas (fifre, chant), Marc Glomeau (percussions) et Gilles Chabenat (vielle). D’autres belles nouvelles sont à venir de France et des États-Unis, dont nous vous ferons part en temps réel. Un dernier mot pour vous dire que dans ce numéro, de nouveau, le son et l’image sont associés aux textes originaux et vous remercier pour votre grande fidélité. Tous les messages chaleureux reçus depuis la création de ce magazine online nous touchent profondément.

Marcel Bénédit

 

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