Édito #54

Bobby Rush, Porretta, juillet 2016. Photo © Marcel Bénédit

Le 12 février 2017, au Staples Center de Los Angeles, lors de la cérémonie des 59e Grammy Awards, Bobby Rush a (enfin) reçu, à 82 ans, son premier Grammy pour le meilleur album de Blues traditionnel avec « Porcupine Meat » (cf chronique dans ABS Magazine n°51). C’est une consécration pour Bobby Rush qui a derrière lui une carrière gigantesque et qui a su traverser les modes sans jamais déroger à une règle : jouer le blues. À Porretta, en juillet 2016, il jouait du Muddy quand on l’attendait dans un registre soul, et alterné naturellement blues ras de terre avec funky blues et soul, donnant au public cette drôle d’impression de voir sur scène une vraie légende. Bobby Rush, c’est un personnage ! Il est toujours resté prêt de ses racines et de ses amis de Jackson, Mississippi, chantant le samedi soir dans les clubs avec ses danseuses aux positions suggestives, mais se rendant à la messe dans sa paroisse le dimanche matin. Il a su rester modeste, abordable, et fidèle. J’en veux pour preuve ses concerts improvisés à Chicago dans le petit club de Bossman avec ses amis et les gens du quartier dès qu’il le pouvait, il n’y a pas si longtemps encore… Sur son humour et sa simplicité, les années n’ont pas eu d’emprise. Par cette belle nuit d’été 2016, vers 2h du matin, je le revois monter et descendre les escaliers d’une petite place de Porretta, m’expliquant comment il faisait pour garder la forme, et d’ajouter avec un clin d’œil qu’il n’y avait pas que cela…, malgré ses 82 ans !  Depuis Someday en 1964, pourtant, que d’enregistrements réalisés, que de scènes foulées. Que de publics bougeant sur Chicken Heads ou Sue. Il n’est que justice qu’à travers le travail de « Porcupine Meat », album majeur, cet artiste de premier ordre soit ainsi récompensé et – devrais-je ajouter – reconnu à sa juste valeur, ce qui ne fut pas toujours le cas. Nous pensons aussi à Scott Billington, son producteur, et à Vasti Jackson en particulier. Bobby Rush est un grand Monsieur du blues et un créateur hors norme, qui, je l’espère, va encore nous émouvoir et nous faire danser longtemps.

Nous restons immergés dans le blues avec ce n°54 qui met en avant celui qui est surnommé “The Prince of the Blues”, le très sympathique et talentueux Chris Beard, interviewé par Robert Sacré. Blues encore avec la découverte jubilatoire des faces du bluesman mississippian Hayes McMullan, véritables pépites que nous présente Philippe Prétet. Et puis le Jazz Me Blue de Stéphane Colin nous livre quelques nouveautés qui lui vont droit au cœur, avec pour point d’ancrage le nouvel et superbe album de Macy Gray. Ce numéro est complété de nombreuses chroniques de disques (dont les nouveaux opus de Thornetta Davis et de Leo “Bud” Welch, entre autres belles nouveautés, et de superbes rééditions) et de deux BD que je ne saurai que vous conseiller.

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