Édito #91

Les grandes voix de la musique soul et soul/blues se font de plus en plus rares. Marcel Smith brille indéniablement par un talent hors norme. Ses deux albums parus sur le label Little Village Foundation (« Everyblody Needs Love » en 2018 et « From My Soul » en 2023) sont là pour en attester. Après une carrière déjà marquante dans la musique sacrée, il évolue désormais avec bonheur dans un registre qui allie gospel, soul et blues. Chanteur hors pair, guitariste de talent, compositeur, cet artiste de Sacramento est de surcroît une personne très abordable et attachante. Son sourire parle pour lui. Jocelyn Richez, après l’avoir vu sur scène lors du dernier King Biscuit Festival à Helena, Arkansas, a pu s’entretenir avec lui pour ABS Magazine Online sur sa carrière et son actualité. Comme il est de coutume en fin d’article, une vidéo vous est proposée ; ici, il s’agit d’une véritable session d’enregistrement de Marcel Smith avec les excellents musiciens des studios Greaseland sous la houlette de Kid Andersen qui vous est offerte : un pur régal !

Cultures amérindienne et afro-américaine : des influences ? C’est la question que posait Jean-Paul Levet il y a dix ans dans un article écrit pour ABS Magazine (N°45 – février 2015) et « revisité » dans son récent ouvrage : « Talkin’ About The Blues ». En effet, peut-on supposer que la cohabitation des Noirs et des Amérindiens durant trois siècles soit restée sans la moindre influence sur la musique produite par les Noirs, et plus généralement sur la culture afro-américaine ? Jean-Paul répond à cette question dans cet article passionnant.

Neal Pattman (1926-2005), harmoniciste et chanteur de blues vétéran mis en lumière notamment grâce au travail de Tim Duffy et de la Music Maker Relief Foundation à la fin des années 1990, se rappelle à notre bon souvenir grâce à la récente parution du CD « Neal Pattman & The King Bees : Prisoner Blues (Live From Georgia/USA) » édité par le label autrichien Wolf Records (Wolf 120.945). Patrick Derrien revient sur l’histoire insolite de ce musicien.

Dans Stars & « should have been stars », Marin Poumérol s’intéresse à dix Dames, dix artistes qui eurent leur place dans l’histoire de la musique afro-américaine sans pour autant avoir eu le succès auquel elles auraient pu prétendre. Musiciennes et chanteuses souvent très proches des meilleures, il était important de leur consacrer un article pour ne pas les oublier et donner envie – disques à l’appui – de les réécouter (ou de les découvrir).

Pour la première fois peut-être depuis deux décennies, vous ne verrez pas le nom de Stéphane Colin parmi les auteurs qui ont participé à ce numéro… Rassurez-vous, tout va bien, il se repose. Stéphane, outre être un fidèle collaborateur de Soul Bag et d’ABS Magazine, est aussi et avant tout le « chef d’orchestre » du seul festival français consacré pleinement aux musiques de La Nouvelle-Orléans : MNOP. Et ce n’est pas une mince affaire, puisque celui-ci s’étale sur tout le mois juillet, en divers lieux, et nécessite un immense investissement personnel. Aussi, nous souhaitions lui rendre hommage (ainsi qu’aux équipes qui l’entourent) par cet article qui rend à MNOP ce qui lui est dû. Qui, mieux que les artistes qui s’y produisent, pour parler d’un festival ? Fait rare, une musicienne – Tia Gouttebel – a accepté de prendre la plume pour raconter ces moments de juillet 2025 inoubliables durant lesquels Muddy Gurdy partageait les scènes périgourdines avec Ruben Moreno. L’occasion de nous présenter ce jeune prodige du zydeco et de dire un grand merci à notre ami Stéphane et à ce festival qui, à nul autre pareil, permet ce genre de rencontre.

Marcel Bénédit