MNOP 2021

Leroy Jones (à gauche) et Sunpie Barnes, MNOP 2021. Photo © Stéphane Colin

Emporté par le tour…

• Un tourbillon de souvenirs qui s’entrelacent, s’entrechoquent et se percutent. Vingt ans et plus qu’on le sait… La prise de tête, les nuits blanches et les inquiétudes des mois d’avant s’évanouiront dès qu’on tutoiera les dates butoir. Cette année, le funk sera dru et mutant, le zydeco du fin-fond de Louisiane n’oubliera pas ses Caraïbes et le jazz rythmera son blues avec une grâce toute particulière . Une lumière au bout d’un tunnel de deux ans. Un MNOP (Musiques de la Nouvelle-Orléans en Périgord) tour pour s’affranchir du morose pandémique, pour mélanger les genres, les malaxer et se vacciner des catégorisations d’apparât.

Le bling bling sera aux antipodes du premier village traversé. Sous la halle, les 120 âmes de Bourrou doubleront la mise en toute simplicité. La voix, le trombone, le banjo et la contrebasse de Crawfish Wallet y seront aussi à l’aise que plus tard au Château des Bories d’Antonne.

Amandine (Crawfish Wallet), MNOP 2021. Photo © Stéphane Colin

Une New Orleans Street Music prémonitoire. Un tour qui mélangera la clarinette d’Evan Cristopher à la guitare manouche de Fappy Lafertin dans une abbaye cistercienne – Boschaud – ou devant le château du Bouquet de Sorges. Django à la créole pour mieux lancer l’accordéon de Sunpie Barnes à l’assaut des feux d’artifices.

Fappy Lafertin (guitare) et Evan Cristopher (clarinette), MNOP 2021. Photo © Stéphane Colin

On passera de celui de Sorges au 14 juillet bordelais en bord de Garonne. À chaque fois, l’accordéon de Sunpie et le gumbo spécial concocté par les Flyin’Saucers tutoieront les étoiles filantes et les bouquets terminaux. Croiser le fer avec le frottoir de Fabio Izquierdo frisera dès lors l’euphémisme…

Fabio Izquierdo (à gauche) et Sunpie Barnes, MNOP 2021. Photo © Stéphane Colin

Un gentleman néo-orléannais en ligne directe d’Helsinki… Un arc artique en tension sur la trompette louisianaise de Leroy Jones. Le grand musicien, régulier résident finlandais, ancien chef d’orchestre d’Harry Connick Jr, pilier du Preservation Hall et de tant d’orchestres de la Cité du Croissant, passera nous voir. Son amitié avec le tromboniste basque Iep Arruti fera le reste. Un répertoire original s’affranchissant de l’habituel pot-pourri de Bourbon Street laissera place à un rhythm and blues aéré, à un funk léger et puissant. Here Come The Big Parade, morceau fétiche d’un Connick grande époque, y retrouvera un groove d’innocence, propice à un déhanché lacif de second line. La création d’une suite dédiée à MNOP permettra à Iep Arruti de rajouter quelques cordes de « classical swinguant » pour trois dates mémorables. Derrière la mairie de Mensignac, au milieu du cloître de la cathédrale St Front ou dans le château d’Excideuil, les dix musiciens s’envoleront dans une bulle extatique. Avec le sourire et le bien-être de Leroy pour valider le pass…

Leroy Jones, MNOP 2021. Photo © Stéphane Colin

Dans les souvenirs ressassés, réactivés et réinventés, on reviendra souvent sur la plaine de Lamoura de ce 17 juillet. Trois orchestres qui s’invitent mutuellement, les différents styles musicaux qui s’imbriquent et pour clôre l’évènement une performance du groupe Just About Fun(k) faisant la part belle aux musiques originelles de NOLA. Fanfares et Mardi Gras Indians, le tuba de Kirk Joseph, les chants de Big Chief Juan Pardo soutenus par l’impeccable New Orleans Beat de Jérome Bossard… Rejoint par la section cuivrée des High Blood Pressure et par les danses de Sunpie et d’Amandine des Crawfish Wallet, le final de feu aura l’improvisation foutraque et groovée.

Kirk Joseph (sousaphone) et Big Chief Juan Pardo, MNOP 2021. Photo © Stéphane Colin

On deviendrait gourmands de ces moments de partages inattendus qu’on se ressassera jusqu’à plus soif dans quelques coins du feu hivernaux : Tiger Rose rejoignant Doo the Doo sous les toiles de Douchapt Blues pour un swamp breton plus que trentenaire,

Elmor Jazz (Doo The Doo), MNOP 2021. Photo © Stéphane Colin

N’Deye chantant et dansant dans les locaux de MNOP pour conjurer la pluie annulant le concert périgourdin, Perry Gordon rocaillant My Josephine devant les O’City Vipers en bord d’Isle trélissacoise, le saxophone de Sylvain Terjizo rugissant de concert avec les Lowland Brothers sur la scène de Montagrier, la NuSoul de polylogue from Sila s’invitant naturellement dans l’univers d’Erikah Badu en bordure du Château des Izards à Chamiers, le piano de David Torkanowski accompagnant la voix fragile et précieuse de Dave Blenkhorn devant le toit de lauzes de l’église de Valojoulx, la rythmique de Geoffrey Lucky Pepper atomisant la terrasse d’un restaurant de Thonac, l’accordéon de Johnny Sansone s’imbriquant avec les guitares d’Anthony Stelmazack et de Mat Wanderchield pour repenser le Bayou St John du côté de Tocane St Apre, la touchante complicité père-fille des Coudougnan’s dans un séchoir à tabac de Villars ou le blues au fond du temps de Lonesome Shack à portée des canons de la place du Thouin de Périgueux ; assurément, une veillée n’y suffira pas…

https://www.facebook.com/fabio.izquierdoflyinsaucers/videos/426081525119381/?d=n


Par Stéphane Colin (https://mnop.fr)
Merci aux communes ayant participé au tour, non citées dans l’article faute de place : Cendrieux, st Laurent/ Manoire, Rouffignac, Ste Marie de Chignac, Hautefort, Brive, St Léon sur l’Isle.